Un jour, on se lève. On a vingt ans, on en a cinquante ou soixante-dix, peu importe. On décide ce jour-là d’aller en rejoindre d’autres, ceux qui s’assemblent. On devient l’un des leurs. Cela fera de soi un sympathisant, voire un opposant. Certains diront un résistant.

Projet d’aéroport, usines à vaches ou à porcs, enfouissements de déchets hautement radioactifs, tous ces sujets ont inspiré à Catherine Zambon une série de monologues ou dialogues percutants qui, avec une grande humanité, traduisent la prise de conscience, l’interrogation et l’engagement – mais aussi les doutes, les espoirs, les rêves et les fantaisies – d’hommes et de femmes face à notre monde en danger. Ce texte au coeur des mouvements de résistance évoque, sous la forme de témoignages intimistes à la fois graves et légers, un monde en transition, un monde en devenir.

Touché par le texte de Catherine Zambon découvert il y a quelques années, Pierre Lambert en a fait l’adaptation pour le Théâtre de l’Espoir et en réalise la mise en scène pour cette nouvelle création de la compagnie. Au fil de plusieurs tableaux rythmés par une bande son très présente articulée au jeu des comédiens, la parole est donnée avec une véritable empathie à ces êtres en rupture.

« Ce texte présente des personnages révoltés et critiques d’un monde qui ne leur convient pas – parce qu’injuste – Catherine Zambon évoque leur intimité avec leurs difficultés, leurs états d’âmes, leurs chagrins, leurs espérances… La force émotionnelle du texte nous conduit à la réflexion et à l’interrogation de nos utopies. »

Les comédiens, ce sont Arno Feffer (récemment sur les écrans dans Le Grand Bain de Gilles Lellouche, mais aussi au théâtre sous la direction de Jérôme Deschamps, Patrick Verschueren ou Michel Raskine), Sarah Glond (dont l’expérience scénique s’enrichit de la pratique du hip-hop, du chant et du cabaret), Stéphane Hervé (fondateur du Théâtre Outils et familier du Festival d’Avignon), Raymonde Palcy (très présente sur la scène théâtrale) et Bérengère Steiblin (déjà aux côtés de Pierre Lambert en 2015 pour Des Précieuses pas si ridicules).

«Plusieurs résidences de création ont été faites au Théâtre Gaston Bernard de Chatillon/Seine, Théâtre des Feuillants de Dijon, ARTDAM et Maison Jacques Copeau de Pernand-Vergelesses lieu symbolisant l’origine de la décentralisation théâtrale.»

LES PHOTOS DE LA CREATION 

Crédits (c) Emilie Gaudry

LA PRESSE EN PARLE


« Nous étions debout et nous ne le savions pas » a conquis le public, avant d’aller au festival d’Avignon. »
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« A Châtillon-sur-Seine, le théâtre de l’Espoir fait sa grande première »
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QUAND LE THEATRE DONNE LA PAROLE AUX ECORCHES

Violente parfois, poétique et poignante souvent, emplie de chaos et d’humanité, au cœur d’une actualité déroutante, détonante assurément… la nouvelle création théâtrale du Théâtre de l’Espoir a surpris plus d’un spectateur hier, au Théâtre Gaston Bernard. En choisissant d’adapter « Nous étions debout et nous ne le savions pas » le livre de Catherine Zambon, le metteur en scène dijonnais Pierre Lambert donne la parole aux écorchés d’une société en rupture avec la nature. Pilote de ligne, zadiste, habitant menacé, parent inquiet, scientifique désabusé, étudiant déboussolé, gens égarés dans un monde globalisé sans pitié pour la nature et le vivant… autant de témoignages authentiques et saisissants interprétés avec profondeur par cinq comédiens dans une mise en scène minutieuse et multisensorielle qui interpelle le spectateur de l’intime au collectif, sans jamais porter de jugement. Une démarche artistique sortant des sentiers battus créée sur la scène du théâtre de Châtillon-sur-Seine qui sera présentée cet été au festival d’Avignon et qui, je l’espère ne laissera personne indifférent. Catherine Miraton, directrice du Théâtre Gaston Bernard (21400 Châtillon-sur-Seine).